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Zoom sur la solution Green IT

Serveur à faible consommation d'énergie, datacenters optimisé, virtialisation, rationalisation de l'impression... Fournisseurs et DSI mettent le cap sur le Green IT, avec en ligne de mire économies de coûts et éthique citoyenne.

L'informatique durable, la green computing, ou green IT, ou green information technology ou informatique verte est un concept qui vise à réduire l'empreinte écologique, économique, et sociale des technologies de l'information et de la communication (TIC). Il s'agit d'une manière globale et cohérente de réduire les nuisances rencontrées dans le domaine des équipements informatiques et ce, durant l'ensemble de la durée de vie de chaque équipement : soit aux différents stades de fabrication, d'utilisation (consommation d'énergie) et de fin de vie (gestion/récupération des déchets, pollution, épuisement des ressources non renouvelables). Ce concept s'inscrit plus largement dans la notion d'informatique éco-responsable » ou développement durable7.

Émergence des préoccupations environnementales en informatique

Les préoccupations environnementales dans le secteur de l'informatique n'ont commencé à apparaître que dans les années 1990 aux États-Unis, avec le programme gouvernemental Energy Star,. Plusieurs volets de ce programme concernaient les équipements informatiques : moniteurs, ordinateurs de bureau, ordinateurs portables et tablettes, systèmes informatiques intégrés, serveurs, stations de travail.

Dans les années 2000, d'autres préoccupations sont apparues, comme l'intégration des besoins métier en matière de développement durable dans les systèmes d'information des entreprises (responsabilité sociétale des entreprises), des collectivités locales (agendas 21) et des administrations, à la suite des sommets de la Terre de Rio de Janeiro (1992) et de Johannesburg (2002).

L'informatique éco-responsable est une tendance industrielle importante des techniques de l'information et de la communication, avec de très nombreuses recherches menées sur ce sujet. C'est une préoccupation sensible des centres de données, pour qui la facture énergétique augmente fortement (doublé entre 2000 et 2005) avec la forte croissance de la puissance de calcul installée (la plupart des entreprises – IT Google, Apple, etc. – communiquent sur le sujet). L'enjeu est à la fois économique et lié à l'image de ces entreprises.

Ces évolutions ont été favorisées par la sensibilisation de la société civile, en tout premier lieu par les ONG environnementales telles que le WWF et Greenpeace qui établit périodiquement un rapport sur l'impact écologique du secteur informatique.

En France, le gouvernement a produit en décembre 2008 un premier rapport TIC et développement durable, qui se concentre sur les économies d'énergie et l'aptitude au recyclage des équipements informatiques.

Constats, ordres de grandeur

Les premiers impacts négatifs directs des équipements informatiques surviennent lors de l'extraction des ressources minérales et de la fabrication des composants électroniques qui formeront les ordinateurs, smartphones, écrans, etc. Parmi ces impacts figurent la consommation de terres rares et métaux précieux (épuisement des ressources non renouvelables), et la dispersion dans l'environnement de produits toxiques et/ou écotoxiques.

Dans un second temps adviennent la consommation électrique puis viennent les effets du traitement des produits informatiques en fin de vie (déchets électroniques). Des émissions de gaz à effet de serre, directes ou indirectes sont induites à ces trois stades.

L'informatique au sens large consomme une quantité importante d'énergie électrique et contribue aussi à l'augmentation de l'effet de serre. À titre d'exemple, une estimation récente porte à 2 % les émissions mondiales directe des TIC avec au Royaume-Uni près de 10 % de consommation totale d'électricité au Royaume-Uni avec une demande pour de stockage qui a augmenté de 50 % par an ces dernières années (rapport McKinsey), plus vite que ne baisse le coût de stockage par unité. Parallèlement à l'efficacité énergétique des bâtiments et des véhicules, il faut donc aussi améliorer l'efficacité énergétique des PC, des serveurs et des onduleurs et objets connectés. Les enjeux financiers de l'informatique éco-responsable sont donc très importants. Par exemple l'objectif d'une consommation électrique réduite de 50 % correspondrait à une économie réelle (ou attendue) du d'environ 5,5 milliards de dollars (et la non-émission de 7 millions de tonnes de CO2 en 3 ans) selon une enquête faite auprès des membres de l'initiative Climate Savers Computing Initiative (12 % ayant répondu)14.

Le second constat pointe que l'utilisation des capacités installées est rarement optimale car le taux d'utilisation moyenne d'un serveur est inferieur à 6 % (pour 30 % des machines installées, inférieur à 3 %), mais les chiffres varient : d'autres sources indiquent un taux d'utilisation moyen d'un serveur autour de 20 %, en raison des différences entre types de serveurs : 5 à 10 % sur serveurs Intel, 20 % sous Unix, entre 50 à 60 % sur serveurs IBM et plus de 90 % sur grands systèmes, la moyenne donnant environ 20 %). D'autre part, le taux d'utilisation d'un centre d'exploitation est en moyenne à 56 % de son potentiel.

Normes, labels et indicateurs

L'éco-conception informatique vise à rendre le cycle de processus de fabrication, utilisation et recyclage ou destruction moins toxiques et plus sobre en énergie. Ceci passe notamment par des normes de management environnemental (ex. : EN/ISO ou EMAS) et les initiatives éco-responsables de certains secteurs industriels ou entreprises (ex. : projet Climate Savers Computing Initiative ou CSCI, qui a ensuite rejoint le Green Grid, ou encore en France le plan de cinq ans lancé fin 2014 par l’ITU (Union internationale des télécommunications ou International telecommunication Union de réduction avant 2020 de 50 % de la quantité de déchets d’équipements électriques et électroniques et d'autant (30 %) les émissions de gaz à effet de serre associés au secteur des télécoms).

Afin de diminuer les ressources utilisées par les ordinateurs, les acteurs de l'informatique invoquent en général plusieurs types de solutions :

  • les économies de l'électricité consommée et le recyclage des matières premières employées pour la fabrication des ordinateurs (green IT 1.0),
  • l'augmentation du taux d'utilisation des ordinateurs à l'intérieur d'une même organisation (virtualisation)
  • le partage de ressources informatiques externes aux organisations, ou informatique dans les nuages (cloud computing en anglais).

Cependant, aucune étude n'a permis de démontrer que le recours à ces mesures permettra de diminuer globalement les ressources consommées par les ordinateurs.

En revanche, on sait depuis le XIXe siècle qu'à mesure que les améliorations techniques augmentent l'efficacité avec laquelle une ressource est employée, la consommation totale de cette ressource peut augmenter au lieu de diminuer. Ce paradoxe, connu sous le nom de paradoxe de Jevons, a été vérifié pour la consommation de carburant des véhicules automobiles. En informatique, certains experts ont montré par exemple que la virtualisation risque de générer un effet rebond. Les mesures souvent invoquées par les acteurs de l'informatique en appui de leur stratégie de développement durable risquent donc de ne pas avoir le résultat escompté.

Application au pilier social du développement durable

Les TIC durables peuvent permettre d’améliorer les conditions de vie et de travail en valorisant et en respectant les activités des êtres humains. En l’espèce, les TIC durables ont pour ambition d’assurer un développement de la société sur le long terme qui soit plus équitable.

La fracture numérique est un facteur d'inégalité devant l'accès à la culture. La réduction de la fracture numérique entre pays du Sud et pays du Nord ou à l'intérieur même des pays développés, fait partie des mesures sociales du secteur de l'informatique en matière de développement durable. Il en est de même de la lutte contre l'illectronisme.

Lors de la première phase du sommet mondial sur la société de l'information (SMSI), qui s'est tenue à Genève, du 10 au 12 décembre 2003, des représentants de 175 pays ont défini un programme visant à réduire la fracture numérique dans le monde, partant du principe que l’accès de tous à l’internet est indispensable. Ils ont adopté dans ce sens la déclaration de principes de Genève et le plan d'action de Genève, sous la forme de mesures concrètes. L'Unesco a aussi proposé une stratégie pour combattre la fracture numérique dans le monde. Selon Dominique Strauss Kahn, la réorganisation du travail qui découle de l'accès aux TIC dans les pays du Sud permet de gagner en productivité. C'est un moyen de codéveloppement.

En France, l'État a lancé en 2008 un plan de réduction de la fracture numérique, Ordi 2.0, qui permet de développer une filière nationale de collecte, de reconditionnement et de redistribution des ordinateurs, dans une démarche d'économie solidaire et de qualité environnementale. Elle permet d'accélérer l’équipement à bas prix des publics en difficulté économique.

Cependant, la baisse constante du prix des matériels neufs, l'apparition de machines d'entrée de gamme très bon marché (netbook) fragilise le modèle économique du reconditionnement qui repose de plus en plus sur le financement public, via l'insertion par l'activité économique.

La prise de conscience environnementale des directeurs informatiques étant récente (vers 2009), la gouvernance purement informatique des impacts environnementaux et sociaux des entreprises est, en 2011, encore balbutiante, alors que les entreprises commencent à nommer des responsables développement durable dans les départements informatiques.


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